Changement de programme : au lieu de chasser du coté de la forèt de Strasbourg , on m'emmène vers la chasse militaire du Fort de Mutzig . . . . de forts escarpement et de multiples chablis en font un refuge pour de nombreux sangliers et chevreuils !
la neige couvre le sol d'une couche de 5 cm , et la température est estimée entre -15 et -10 , le vent est glacial . ( il a fait dans les -20 la nuit )
la première battue se déroule lentement, et avec 5 sangliers, 2 chevreuils et 1 renard le travail des rabatteurs est fort bien recompensé ,ils sortent des taillis couverts de neige , trempés et transis de froid avec un chien blessé par un sanglier . . . on m'annonce qu'il y aura du travail pour Bakus sur un sanglier blessé .
Pendant le casse croute , je vais voir la direction de fuite du sanglier , et il rentre dans le bois qui doit ètre traqué l'après-midi : peu de sang , essentiellement des micro -gouttes qui entourent la trace enneigée . .
je m'en retourne pour demander des instructions pour la suite des évènements , et là on m'annonce que la traque de l'après-midi est annulée et que je peux continuer la recherche .
Il est 14h , et le sanglier a été blessé vers les 10h . . . . nous reprendrons la recherche là ou je me suis arrèté , sur le passage d'une route
macadamée . Il commence déjà par neiger à petits flocons , je fait l'impasse d'aller à l'anschuss et me contente du récit des tireurs : le sanglier a été tiré 2 fois par un premier tireur , et sur l'emplacement du deuxième tir , apparaissent de petits points rouges dans la neige . . . un autre tireur a tiré de trois quart arrière , et une giclée de petits points rouges plus fortement marqués apparraissent à l'endroit supposé du tir .
je reprends la piste avec Bakus et deux accompagnants, et après la route macadamée , le blessé a pris le passage emprunté par d'autres sangliers . . . . . il s'en sépare au bout d'une vingtaine de mètres .et nous continuons dans les chablis avec un sanglier qui laisse toujours tomber de minuscules petits points rouges . Il slalome , pars à gauche, reprend à droite ,descend franchement , retourne à droite , remonte et repasse la route macadamée . . . les petits points rouges commencent à se raréfier et le chien perds de plus en plus souvent la piste , refait une boucle et la reprends peniblement .
Ce n'est pas à cause du sang qui commence à manquer, mais du froid qui inexorablement fige les émanations .
Nous passons lentements dans les taillis épineux , et les traces du sangliers s'entremèlent de plus en plus avec d'autres congénères , du chevreuil et pas mal de renards . . . . . le chien se laisse détourner un moment par un chat sauvage qui venait de croquer un oiseau ( la neige est vraiment un livre ouvert :wink: ) et reprends la piste qui remonte maintenant franchement et rentre dans des couverts de plus en plus hermétiques . . . . . le chien passe, mais mes vètements et ma cagoule restent souvent accrochées au épines . . . . c'est vraiment horrible de remettre une cagoule remplie de neige sur la tète :lol: ! !
Il neige de plus en plus , et le chien ne s'y retrouve plus . . . . nous voyons encore les petits points rouges , mais le chien ne sent plus rien et boucle et reboucle sans reprendre de piste . . . . . nous suivons encore visuellement la piste pendant une cinquantaine de mètres , et puis, face à un entremèlement de traces enneigées , nous ne distinguons plus rien .
Nous arrètons , car les limites olfactives du chien sont atteintes du fait des températures extrèmes , et nos limites visuelles aussi : la neige remplissant toutes les traces . . . . .
Le maximum a été fait .